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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 13:03

 

La couverture n’a pas fini de réchauffer nos os

que le réveil-matin carillonne,

dehors un chien aboie.

 

Ciel voilé de nuages épars

déjà l’horloge mécanise les gestes,

un piaf se gargarise dans le caniveau.

 

Un clope écrasé sur le trottoir,

par la bouche du métro

le chuintement des rails.

 

Sous leurs cartons informes

ils frémissent,

les passants les contournent.

 

Tendre la main

regards las,

fantômes de chair et de sang.

 

Ici l’espoir se meurt

vendre son âme pour un croûton moisi,

demain les scies officieront.

 

Lèpre des cités

Bidonvilles périphérisés,

ailleurs les badauds badaudent.

 

Dans la ville aux rues rectilignes

les racines des arbres crèvent le macadam,

clameurs et relents de gasoil.

 

Les cortèges traînent les pieds,

rouge la terre où l’homme courbe le dos,

derrière les fenêtres les cris se barricadent.

 

Dans le sourire d’un enfant

voir pâlir le soleil,

la lune en suspens sur le toit.

 

Une vieille femme somnole en marchant

son cabas pèse à sa main noueuse,

sur les balançoires les cartables voltigent.

 

Dans un pré blanchit par la brume

décline le caquetage aigu des poules,

ailleurs une voix martèle le silence.

 

Hier un prisonnier s’est pendu

un gardien au crâne éclaté…

devant leurs télés, les rescapés mangent leur soupe.

 

Au cinéma, au théâtre on comédise

taire la vie qui fout le camp,

rire rire rire.

"Banlieue 4" peinture numérique de Gaby Monnet-Ferréol

"Banlieue 4" peinture numérique de Gaby Monnet-Ferréol

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Published by Gaby Ferréol - dans Poésie libre
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commentaires

thomas 28/10/2014 12:33

Plus que la faim, la soif, le chômage, la souffrance d'amour, le désespoir de la défaite, le pire de tout, c'est de sentir que personne ne s'intéresse à nous...

mimik 03/02/2010 15:40


Belle poésie pour la description d'un quotidien triste et râpeux


El Maghfour dit walido 02/02/2010 12:52


Quel envol poétique pour saisir l'instantané le fugace d'une vie ! Une autre façon de déjouer la routine d'un quotidien stressant Comme quoi la poésie nous sauve et on n'a pas besoin d'un psy Merci
Gaby pour ta belle poésie El Maghfour Walid


Anne 25/01/2010 21:37


dieu que c'est beau, que c'est triste.  je ne sais quoi t'écrire pour te fire partager l'émotion qu eton texte a amené dans mes trippes.


  • : Gaby Ferréol - ses poésies & autres textes
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  • Gaby Monnet-Ferréol
  • Née en Tunisie, a vécu à Lyon. En 1996 s'installe en Bretagne. A Lyon, Adjointe de direction au Théâtre des Marronniers puis Codirectrice artistique du Théâtre Athanor. A Port-Louis, Codirectrice artistique de la Cie Athanor. Depuis 2004, se consacre à l'écriture & aux arts visuels.
  • Née en Tunisie, a vécu à Lyon. En 1996 s'installe en Bretagne. A Lyon, Adjointe de direction au Théâtre des Marronniers puis Codirectrice artistique du Théâtre Athanor. A Port-Louis, Codirectrice artistique de la Cie Athanor. Depuis 2004, se consacre à l'écriture & aux arts visuels.

"A l'ombre des fleurs de cerisier / il n'est plus / d'étrangers" Kobayashi Issa

A publié de la poésie.
A exposé des photos, peintures.
S'intéresse à la création contemporaine. 

 

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