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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 15:31

 

 

Le lieu incendié

Mort, il marche encore dans une rue de la Baïxa… On ne saura jamais qui de l'excès ou qui du manque. Rompu à l'intellection de la rencontre, seule forme acceptable de ce dehors en soi, il a fait de la vacuité passionnelle la part sacrée de l'érotisme. Les larmes rythmiques de son imaginaire… On ne saura jamais qui de l'excès et qui du manque. La main tendue vers le ravissement. Vivre l'isolement amoureux comme objet de désir. L'utopie d'une poétique de la rencontre.

 

Irréalité glaciaire

Au matin les premiers buveurs de café… Restée seule debout face à la mer. A regarder la vie qui fuit. Et les volubilis blancs au creux du vallon.

 

La chose publique

La nuit charrie son lot quotidien de larmes et de détritus. Ses putains, ses matelots et ses bourgeois. Ses joueurs de poker et… On pourrait dire Laure et Sainte Jeanne des A : l'ordinaire de la démesure.

 

Errer aux limbes de l'éclaboussure

S’armer des gestes du quotidien. Entre crudité et innocence. Rire. Dans la lumière livide de la pluie. Attendre d'autres dimanches… L’hostie rance et le vin tiède…

 

L'apparence mise à nu

Ou l'ennui de la gisante devenue folle derrière sa lourde porte espagnole… Traversera la finitude de l’amour et la demi-désespérance. Nue jusqu’aux yeux. Nue jusqu’à la violence du rire. Rauque. Saccadé. Un homme au milieu des lauriers-roses... Le fracas de la détonation, la résonance du corps sur la dalle de ciment. Le silence. L’attente. Plus tard la liste grandissante des suspects à la une des journaux.

 

Marée basse

Je dis que cela a dû se passer ainsi : entendre la mer se jeter sur le mur crayeux d’une chambre forclose. Jusqu’à la rupture. Plus tard, tuer sans même s’en apercevoir.

 

La passion

Très jeune femme. Presque une enfant. Bouche rouge. Rouge-coeur. Jusqu’aux dents. L'équivoque du crime.

 

Flash back

Aux colonnes des journaux : textes laconiques, photos, petites annonces. Liste des disparus. Petites annonces. Faits divers. Résultats sportifs. Cours de tango. Faire-part de mariages. Apparaître en suspens au-dessus de la ville. Plus tard la silhouette du passeur du Tage Ne supporte plus cette façon d'absence

 

La fascination

Dit l’avoir entendu jouer du piano. Rendu fou par la femme très belle, très pâle. Le sein droit de la femme. Magnifique.  Cela se passe toujours ainsi : tuer sans même s’en apercevoir.

 

Allées et venues

Voir les eucalyptus argentés s'élancer vers le ciel et les volubilis blancs et les lauriers-roses… Venue très rapidement la mort les abandonnera.

 

Les Demoiselles d'A.

"Elles m’agacent par leur spectacle extatique”. Fin du livre des Grands Erotiques Chinois. Un bouquet de lilas bascule sur la 5ème Avenue...  Scandale.

"Errance_05" Peinture numérique de Gaby Monnet-Ferréol

"Errance_05" Peinture numérique de Gaby Monnet-Ferréol

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 13:13

 

A la danse des noctuelles

La mort enfonce ses ongles,

Et se brise le fil

 

Aux quatre coins du ciel

Gisent les éclats de mon cœur,

Matière plastique

 

Sur les ressorts d’un lit usé

Les passants m’engloutissent,

Cris et murmures

 

Entre leurs bras glacés

Je meurs sans joie,

Débris humain

 

Abandonnent sur l'asphalte,

Ma vie ouverte comme les cuisses d'une putain,

Lueurs sales, regards gris

 

Amour emporte ma vie blessée

Sur ton arc d'écume,

Rire stellaire

 

 

(extrait)

"Le visiteur 5" peinture numérique de Gaby Monnet-Ferréol

"Le visiteur 5" peinture numérique de Gaby Monnet-Ferréol

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 14:55

 

1

 

Bondit la montagne,

sous les pas négatifs,

fugace instant du Rire.

 

 

 

Telle une identité nébuleuse,

trace une partition blanche,

le silence reprend ses droits.

 

 

……………..

 

 

 

2

 

Un oiseau médite sur une branche,

tam-tam tragique,

le penseur de Rodin l’écoute en boucle.

 

 

 

Le pas léger des amants fait trembler le ciel,

un papillon virevolte entre les branches du lilas,

un violoneux bat la campagne.

 

 

……………..

 

 

 

3

 

Les morts parfois ont des envies de meurtre ou de fortune,

à l’instant l’œuf roule, tombe et se brise

sur le carrelage de la cuisine.

 

 

 

Le soleil frappe au carreau,

fourchette en suspens,

clappement de la langue.

 

 

……………..

 

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 19:07

 

Dans les rais du soleil levant

la rosée charmeuse

la terre sur la tête des hommes.

 

 

Derrière les murs de papier

les pensées fragiles papillonnent

bulles joyeuses ou craintives.

 

 

Le quotidien éclabousse les paupières

pas à pas la vie se penche

sur les larmes d’Éros.

 

 

A la pliure du jour et de la nuit

l’absence bouillonne

déjà l’impatience ou la tristesse.

 

 

La porte alors s’entrouvre

sous le frémissement des doigts

l’Arbre et le rire des oiseaux.

 

 

Sous l’aile du non-dit

le bruissement des mots

dessine des fleurs extravagantes.

 

 

Sur les rivages du bleu sourire

les troupeaux de brebis tondues de frais

attendent devant l’issue de secours.

 

 

Voir plus loin que la nudité des corps

le cœur immaculé des amants

se referme sur d’invisibles trésors.

 

(extraits)

 

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 20:07

 

 

 

 

 

I

 

Quand le sourire se lève sur la montagne

Ils vont en longue file indienne

ailleurs une théière fume.

 

 

 

Sous les doigts du musicien

les notes folâtrent jusqu’au ciel

les zombies matutinaux somnolent.

 

 

 

 

    II

 

Au-dessus des feuillées écarlates

le ménure peint des courbes légères

il n’est pas de silence naïf.

 

 

 

Ivresse en poussière d’étoiles

les insomniaques se rebellent

la Terre fait la girouette.

 

 

 

 

    III

 

Mon enfance baigne dans la neige

des images mortes

écartèlement de l’espace et du temps.

 

 

 

J’habite une maison de papier

où la mélancolie rougeoie

dans l’ombre monte une prière laïque.

 

 

 

Dans un caniveau de terre aigre

j’ai ramassé des graines inconnues

demain les fleurs de l’exil refleuriront.

 

 

 

 

(extraits) 

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 15:19

 

De la vérité du poète à celle de l’enfant

le rire du Grand moqueur

j’aurais voulu en faire mon credo.


Vos mot, vos pauvres mots...
disait l’Antigone d’Anouilh
Regardez-vous... Et le miroir me renvoie ma tête du cuisinier.


Dans le champ de pommes de terre

pousse le chevalet bleu et jaune  de Vincent
Moi, j’étale mes barbouillages.


Holà l’ami, prie sans cesse

au pied du gibet noir

le poète veille du haut du réverbère.


Les chevaux d’écume galopent toujours

sur ta plage bretonne où l’âme de tes chiens fous

chante ta mémoire et la mer.



(Extraits) 

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 15:10

 

Se saisir de la clef des rêves

et aller marcher sur la lune

pour y boire la rosée du matin.

 

 

Il est des rivages safranés

de vastes étendues espagnoles

où s’enivrer de l’odeur têtue des oliviers.

 

 

Et oui ! rien n’est plus difficile

que de sauter dans la rivière

pour y pêcher, à mains nues, le bonheur.

 

 

Sous l’œil fendu de la lune

j’ai vu monter au ciel

l’âme d’un chien, lumineuse et calme.

 

 

Et mes souliers, je les ai usés

par d’impossibles traverses

le ciel est mon gîte.



(Extraits)

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 16:16

 

Une nuit j’ai cru possible de nager dans le ciel

pour aller chercher des parfums rares

sur ma table de nuit, j’ai trouvé l’étoile du nord.

 

 

Il aurait suffit d’un soupir, d’un silence

sur la corde de ma guitare le rossignol

a cligné de l’œil et s’est envolé.

 

 

A l’instant du soleil, j’ai plissé mes paupières

sourire de photographie un peu niais

la grâce de l’enfance perdue.

 

 

A travers les branchages, la noix et la châtaigne

chantent en sourdine l’avancée de l’automne

un coup de bâton et le sort en est jeté.

 

 

Les mains de pierre ont tracé mille traits

à la paroi souterraine de notre histoire

comme autant de messages à savourer.

 

 

La page, le billet, l’article filent vers les étoiles

laissant dans leur sillage un soupçon d’incertitude

ainsi vogue le monde, et moi avec.

 

 

(extraits)

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 16:52

 

J’ai déserté la fondrière des dieux
pour le rire stellaire des morts
Debout hommes impies !


Avec les poètes et les haschischins

jouer à la roulette russe

Ah ! …ce fol assentiment romantique.


Accrochée à la falaise des vertiges

Mon cri suppliant s’élance en vain

vers le fondouk suspendu de mes rêves.


A la rose des vents j’ai accroché ma vie

sur un panneau d’âme et de chair meurtries

A vendre regrets et envies.


Le chant des Ménades

ouvre dans ma nuit

de nébuleuses incantations.


Plus tard, ailleurs

danser avec les Hérénies

au frontispice des hommes.


Quand derrière moi, j’aurai fermé la dernière porte

j’irai dans la sebkha de mon enfance

coucher mon dernier théorème.


(extraits)

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 15:55

 

 

Nulle parole pour tracer ou tisser

Le lacis rapide des impressions fugaces

Nulle pierre d’achoppement

où faire s’évaporer la connaissance ou l’ignorance

 

 

Rompre le fil déliquescent du superflu

Se délier du rien

(se) fondre dans le sublime

 

 

Arracher ou (re)cueillir le brin de fil du non-dit

le déposer vestige insignifiant

sur le siège vacant

     

 

(extraits)

 

 

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  • Gaby Monnet-Ferréol
  • Née en Tunisie, a vécu à Lyon. En 1996 s'installe en Bretagne. A Lyon, Adjointe de direction au Théâtre des Marronniers puis Codirectrice artistique du Théâtre Athanor. A Port-Louis, Codirectrice artistique de la Cie Athanor. Depuis 2004, se consacre à l'écriture & aux arts visuels.
  • Née en Tunisie, a vécu à Lyon. En 1996 s'installe en Bretagne. A Lyon, Adjointe de direction au Théâtre des Marronniers puis Codirectrice artistique du Théâtre Athanor. A Port-Louis, Codirectrice artistique de la Cie Athanor. Depuis 2004, se consacre à l'écriture & aux arts visuels.

"A l'ombre des fleurs de cerisier / il n'est plus / d'étrangers" Kobayashi Issa

A publié de la poésie.
A exposé des photos, peintures.
S'intéresse à la création contemporaine. 

 

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